PEDA SNEP FSU BORDEAUX

Compte rendu de la visio du 6 avril…

Le mardi 6 avril, de 18h à 19h30 s’est tenue la deuxième visioconférence des « Rencontres Pédagogiques » proposées par la Commission Pédagogique du SNEP Aquitaine. Ce temps d’échanges, ancré sur la thématique « Culture des APSA vs Pratiques Nouvelles et Réinventées », s’inscrivait dans la continuité du premier rendez-vous axé sur les adaptations de pratiques liées à la crise sanitaire.

Ce moment, à nouveau très riche, a permis de questionner le développement d’APSA nouvelles ou hybridées, se distinguant des APSA proprement culturelles et référencées. Ces APSA nouvelles ou hybridées dans le contexte sanitaire contraint semblent trouver leur place, facilitant l’activité et l’adhésion des élèves.

Le débat a fait émerger différents points cruciaux, permettant d’envisager, au-delà des usages pédagogiques, des enjeux de réflexion quant à l’essence-même de notre discipline, ce qu’elle doit être et ce avec quoi elle ne peut se confondre :

– Les APSA remaniées et/ou très récentes, telles que le biathlon course-lancer de vortex, le « Parkour urbain » en salle de gymnastique, le sandball, sont séduisantes : elles répondent au besoin de nouveauté des élèves, elles favorisent des réussites plus instantanées, elles permettent de rompre avec une impression de monotonie liée à des programmations pérennes. Elles participent a priori à renforcer d’emblée la notion de plaisir chez l’élève (et certainement aussi chez l’enseignant). Plaisir que nous ne pouvons négliger mais qui ne peut, il nous semble, n’être qu’instantané.

– Cette offre toujours plus diversifiée comporte en soi des écueils qui appellent à la vigilance : elle reflète les incitations de nos sociétés à l’hyperconsommation, au zapping, elle entretient la tendance d’une dépendance au renouveau perpétuel

– Ces APSA présentent l’intérêt de favoriser une organisation motrice essentielle (un vortex est moins encombrant qu’un javelot, et permet d’optimiser le temps moteur) mais, plus enclines à déclencher des réussites immédiates, atténuent le sens de l’effort, le plaisir lié au dépassement de soi

–  Le caractère nouveau de ces APSA empêche une prise de recul à la fois didactique et de vrais repères en termes d’évaluation : en effet, l’absence d’ancrage proprement culturel expose ces activités à différentes interprétations et sensibilités personnelles, les privant de critères d’évaluation réellement objectifs, référencés, utilisables par l’ensemble de la profession.

– Enfin, répondre à une pléthore d’activités, sans possibilité de s’y former par ailleurs, risque de nous faire apparaître davantage comme des animateurs que comme des enseignants. Le manque actuel de formation des enseignants sur les APSA, indispensable pourtant pour renouveler les pratiques et entrées dans les APSA, provoque l’appauvrissement de leur savoirs et limite leurs enseignements alors même qu’à tous les niveaux d’apprentissage de nombreux travaux et expériences de terrain prouvent qu’exigence et plaisir peuvent aller de pairs.

– D’autre part la chute vertigineuse des capacités physiques des élèves qui devient un fléau national ne peut se résoudre par de simples activités ludiques locales bienveillantes. Préserver des référentiels nationaux est la garantie d’apporter des solutions, d’exiger pour tous les élèves les moyens nécessaires à leurs apprentissages et progressions (effectifs allégés, horaires renforcés, installations sportives proches et adaptées), pour tous les enseignants des formations initiales et continues de qualité.

 

Ces différents constats nous conduisent ainsi à orienter notre prochain rendez-vous pédagogique, qui se déroulera le lundi 3 mai à 18h, vers le thème de l’EVALUATION, thématique au cœur de notre actualité professionnelle, du fait de la réforme de l’évaluation en EPS en LGT et LP. A cette occasion, nous évoquerons ensemble la question de l’abandon d’un cadre commun au profit de nouveaux référentiels « localisés ». Nous vous espérons nombreux pour participer à ces moments enrichissants de partage et de débats !

Le secteur éducatif du SNEP académique ouvre, à partir du 15 mars, des « rencontres pédagogiques », à savoir un temps d’échanges autour de thématiques choisies en concertation avec la profession, sous forme de réunions en visio.
 
Vous êtes tous invités à participer à ces moments, qui constituent une réelle occasion de partager nos analyses, expériences, pratiques, et plus largement notre vision de l’enseignement de l’EPS
POUR ACCEDER A LA VISIO,
CLIQUER SUR L’IMAGE:

ID de réunion : 928 0392 7599
Code secret : 9mYZDn

La première rencontre, axée sur la thématique des adaptations et difficultés liées à l’enseignement de l’EPS en contexte actuel de Covid, aura lieu
 
Le lundi 15 mars
18h-19h30
en visio
 
Organisation des temps de la visio :
 
  • Présentation de cette proposition des Rencontres Pédagogiques : les enjeux, la démarche sous-jacente, l’agenda. 5 mn
  • Points négatifs de cette expérience de l’EPS sous Covid ? Points les plus difficiles et critiques ? 25mn
  • Y a-t-il eu des points positifs, des choses constructives ? 25mn.
  • Dans ce contexte contraint, qu’est-ce qui doit impérativement être préservé au niveau de l’essence de la discipline ? Tour de parole. 25 mn
  • Conclusion et proposition des thématiques futures. 5mn

COMPTE RENDU DES RENDEZ- VOUS PEDAGOGIQUES DU SNEP-FSU bordeaux

« EPS DEHORS : QUELLES ADAPTATIONS, QUELLES LIMITES »

LUNDI 15 MARS de 18H à 19H30

          

            La Commission éducative du SNEP-FSU bordeaux organise dorénavant un lundi sur 3 les « Rendez-vous Pédagogiques du SNEP FSU Académique » à savoir des rendez-vous en visioconférence, ouverts à tous les enseignants d’EPS mais aussi aux professeurs des écoles et autres enseignants intéressés pour discuter autour de thèmes pédagogiques et didactiques concernant l’EPS.

Cet espace d’échanges essentiellement pédagogiques, relève d’un désir à rassembler les enseignants sur des questionnements, des partages d’expériences, des articles, des vidéos autour de l’EPS. Par ailleurs, il se situe à l’interface de la réalité professionnelle et de l’actualité syndicale du SNEP.

La première visioconférence s’est ainsi déroulée lundi 15 Mars, de 18h à 19h30, sur le thème « L’EPS dehors : quelles adaptations, quelles limites ? ». Onze enseignants ont participé à ce premier temps d’échanges. La richesse des discussions les divers éléments d’analyse de notre discipline, montre tout l’intérêt que suscite ces rendez-vous programmés.

 

A noter les prochains rendez-vous

– Mardi 6 avril :  18H-19H30(lundi 5, férié) sur le thème : CULTURE DES APSA versus PRATIQUES NOUVELLES ET REINVENTEES.

– Lundi 3 mai 18H-19H30

– Lundi 7 juin 18H-19H30

 

            Lors de ce premier rendez-vous sur le thème de « l’EPS dehors », les temps de réflexions se sont articulés autour de trois questions phares :

1) Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans ce contexte sanitaire restreint et contraint ?

2) Avez-vous retiré de ces conditions particulières d’enseignement, des points positifset constructifs ?

 3) Dans ce contexte « forcé » d’aménagement des conditions d’enseignement et de pratique, qu’est-ce qui selon vous doit impérativement être préservé concernant l’essence même de l’EPS ?  

           

            A la première question, deux choix se sont révélés de la part des enseignants face à la problématique des contraintes imposées ( EPS dehors et distanciation physique ): soit les enseignants continuent leur programmation en les adaptant aux contraintes  (par exemple, danse, step, volley mais aussi badminton et tennis de table à l’extérieur, sous un préau) ou en transforment les contenus (rugby à toucher avec des « frites » de natation;  basket sans déplacement ni dribble du porteur de balle,  etc…), soit ils changent leurs programmations.

Dans ce second choix, là encore, deux options se sont opérées : soit le  changement simple d’APSA      ( par exemple, passage de la programmation de badminton à volley ou football à ultimate) soit utiliser une activité support qui ne relève pas des APSA des programmes officiels (randonnée, pétanque, biathlon…).

Si ce dernier choix témoigne de l’inventivité des enseignants, leur adaptabilité, leur souci constant de préserver la motivation et l’engagement des élèves, elles ne constituent pas moins un risque de perte de repères culturels.

Un autre point négatif a été avancé et concernait l’activité de l’association sportive. Les non-brassages imposés d’élèves ont empêché les rencontres inter-établissements mais souvent aussi les entrainements intra-établissement mettant à mal le sport scolaire.

 

            Concernant la question, relative aux points positifs et constructifs issus de ce contexte,

L’opportunité de fonctionner en demi- groupes en lycée a permis de constater un réel confort pédagogique : plus disponibles pour des régulations individualisées auprès des élèves, les enseignants de lycées présents ont perçu de réels progrès plus importants et rapides chez ces derniers (même sur le rythme d’une séance par quinzaine).

 Les activités hybrides, c’est-à-dire issues des APSA des programmes officiels mais transformées par les contraintes (ex : basket sans déplacement ni dribble du porteur de balle ; joueur adverse à distance) ou activités nouvelles (par exemple la randonnée) permettent d’ouvrir à une créativité pédagogique qui peut servir l’apprentissage d’une APSA.  Dans le contexte imposé, il est parfois difficile de mettre en place d’autres activités mais nous constatons que pour la plupart des enseignants il y a une recherche de didactisation (par ex en randonnée : faire des groupes de marche avec des allures en fonction du vo2max de chacun).

 

Se pose alors la question :

            Qu’est-ce qui doit être impérativement préservé concernant l’essence même de l’EPS ? :

Si les activités hybrides ou les nouvelles activités proposées correspondent le plus souvent à de l’animation et sont vécues par les enseignants comme un passage obligé dans le contexte actuel, elles restent très éloignées du sens du métier.  La culture de l’APSA reste centrale et est un facteur de motivation. C’est bien par son traitement didactique que l’enseignant peut réellement transmettre un apprentissage et faire progresser l’élève.  

La nécessité de s’ancrer sur des APSA référencées demeure avec pour chacune une progressivité des apprentissages clairement établie permettant à chaque enseignant et chaque élève d’évaluer ou s’auto-évaluer (et que cette progressivité ne soit pas le fruit d’un travail personnel ou local mais corresponde bien à un curriculum de formation national).

Cette volonté fait écho à la demande du SNEP FSU sur un retour à des référentiels nationaux.

De même les témoignages et les échanges ont renforcé la revendication portée par le SNEP d’obtenir un allègement des effectifs de façon générale.